L’ADEME a publié en mars une étude sur le rapport des Français à l’environnement, dont nous avons relevé ici les points clés :

Les Français ne déclarent pas considérer l’environnement comme une priorité comparée à d’autres enjeux comme l’emploi ou l’immigration. Mais ils restent soucieux de l’environnement, puisqu’entre 8 et 9 Français sur 10 se disent sensibles ou très sensibles aux questions environnementales. Les préoccupations des Français ont beaucoup évolué ces 20 dernières années, avec une préoccupation constante envers la pollution de l’air (seuls 59% de la population jugent la qualité de l’air bonne en 2018, soit 10 points de moins qu’en 2017) et aujourd’hui la dégradation de la faune et la flore, ainsi que le réchauffement climatique inquiètent les Français.

Une réelle défiance envers les institutions publiques existe et presque toutes les institutions françaises, européennes et internationales connaissent une très forte baisse de la confiance qu’on leur accorde. Pourtant, c’est toujours à ces institutions publiques qu’on prête la plus grande capacité d’action. Quand on demande aux Français qui pourrait être le plus efficace face au réchauffement climatique, 1 réponse sur 2 concerne les Etats, institutions publiques internationales ou locales, contre 1 sur 4 pour « chacun de nous » et 1 sur 8 pour les entreprises privées. Cette ambivalence se retrouve dans l’acceptation des mesures propices à la transition énergétique. L’acceptation globale de ces mesures est en baisse et si les mesures alimentaires (réduire le gaspillage, manger bio et moins de viande), énergétiques (développer le renouvelable) ou de mobilité verte sont plutôt acceptées, d’autres le restent peu comme par exemple la baisse de vitesse sur l’autoroute ou la densification des villes.

Une polarisation s’opère autour de la consommation responsable avec d’un côté 9% de la population réellement engagée, avec une surreprésentation des catégories socio-professionnelles les plus aisées, des urbains, des jeunes et des personnes à haut diplôme par rapport au reste de la population et de l’autre 12% opposés à l’écologie et 16% de personnes dans une situation économique qui ne leur permet pas d’adopter une consommation responsable. Les récents débats sur la taxe carbone et les résultats de l’étude de l’ADEME confirment ce besoin de justice sociale liée aux questions environnementales : la répartition juste entre tous les membres de la société arrive largement en tête des conditions liées aux changements importants nécessaires dans nos modes de vie.

D’après l’article « Les Français et l’environnement : étude de l’ADEME » sur quelleenergie.fr